Le Langtang, une nature ennivrante

by 17 novembre 2014 • Carnet de voyage NépalCarnet de voyage Népal Commentaires fermés

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Jour 5

Un porteur à la rescousse

Le réveil se fait avec le même fond sonore que celui de la veille, et qui nous suivra tout au long du trek, une eau qui descend à torrent et qui permet d’alimenter tous les villages de la vallée.

La brume et la fraicheur matinales ne nous offrent pas les meilleures conditions pour commencer la marche du jour, d’autant que l’ascension est immédiate. Heureusement, le porteur trouvé la veille au soir grâce à notre guide officieux – un jeune et très solide Népalais habitué aux multiples trajets hebdomadaires entre les différents villages – nous permet d’appréhender plus sereinement l’épreuve du jour. A peine 17 ans, mais une force étonnante, nous le surprenons à monter les bras croisés ou à utiliser son smartphone sans avoir l’air de se soucier du chemin ni même d’avoir des difficultés à respirer. Quelle insolence !

La fraicheur de l’altitude se fait de plus en plus vive et les nuages qui empêchent les rayons de nous réchauffer n’arrangent rien. Deux heures plus tard, nous laissons derrière nous les montées abruptes, les nuages et la forêt pour apprécier des plaines qui offrent une vue dégagée nous faisant apparaître le gigantesque Langtang Lirung et ses 7227 mètres.

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Un tourisme grandissant dans la vallée

Au lodge de Ghora Tabela nous reprenons quelques forces en compagnie d’autres trekkeurs. Le trek de la vallée du Langtang est le quatrième plus fréquenté du pays, et pour le moment l’affluence n’est pas aussi excessive que celle du trek des Anapurnas. La fréquentation est pourtant en hausse d’année en année et le gouvernement tente d’en tirer profit, en ayant fait passer l’entrée dans la réserve de 1 000 R (8 €) à 3 000 R (25€) , sans compter le permis de trekker, à 1900 R (15 €).

Le tourisme grandissant dans la région a modifié le quotidien des habitants des montagnes. La plupart ont ainsi troqué leur habit d’agriculteur pour celui d’hôtelier. Toutes les habitations croisées le long du chemin sont pour ainsi dire directement liées au tourisme : maisons d’hôtes, restaurants ou boutiques souvenirs. Les relations entre les locaux et les voyageurs ont ainsi évolué vers un rapport mercantile qui rend difficile les échanges sincères et dénués d’intérêt. L’autre changement de l’avènement grandissant de l’économie touristique est la possibilité pour la majorité des familles d’envoyer leurs enfants à l’école, dans un internat à Katmandou alors que la génération précédente n’a pas pu bénéficier de cette opportunité. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous ne croisons quasiment pas d’enfant depuis le début de notre randonnée. C’est pendant les vacances d’avril-mai que les villages s’égayent de rires enfantins.

Nombreux sont les Tibétains qui peuplent la vallée du Langtang. La persécution chinoise sur le Tibet oblige beaucoup de familles à venir s’exiler au Népal et dans cette région montagneuse.

Après un point de contrôle militaire, le paysage se fait plus étendu et révèle les beautés de la région. Des langurs – gros singes à tête blanche – semblent se plaire dans ce décor montagneux. Malgré des tentatives d’approche, leur méfiance les tient à l’écart des hommes.

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Une seconde halte dans un lodge-étape est l’occasion de faire la connaissance d’un anglais qui part à la découverte du monde depuis des années et ayant habité plusieurs années en Inde, au Kenya, en Tanzanie et maintenant en Thaïlande. Les rencontres avec les autres baroudeurs sont partie intégrante d’un voyage réussi et sont toujours source d’enrichissement, encore plus lorsque ce sont des tour-du-mondistes. Elles permettent une réflexion sur notre mode de vie et parfois l’idée de suivre un chemin différent que celui imposé par notre société occidentale manichéenne nous tente. Tour du monde, expatriation… ce sont des idées qui rôdent dans nos têtes.

Arrivée au village de Langtang

En milieu d’après-midi nous arrivons à notre deuxième village-étape, Langtang, niché dans une vallée et dominé par les montagnes. Des dizaines d’habitations y sont éparpillées, essentiellement des maisons d’hôtes. Les yaks paissent et les habitants vaquent à leurs occupations. Le décor est idéal pour une petite ballade post-randonnée dans un environnement magnifique.

Notre deal passé la veille avec notre porteur nous facturant la très modique somme de 1000 R (8€) par jour nous contraint cependant à ne pas pouvoir choisir notre lieu d’hébergement. C’est donc au Tibetain Guest House que nous ferons étape cette nuit. Comme ce sera souvent le cas tout au long de notre randonnée, c’est en compagnie d’une partie des marcheurs du bus nous ayant amenés au départ du trek que nous passons la soirée.

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