Ballade enchanteresse sur les eaux du lac Inle

by 29 mars 2014 • Carnet de voyage Birmanie - MyanmarCarnet de voyage Birmanie - Myanmar Commentaires fermés

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Jour 9

En route pour la découverte du lac

A 5h45, notre rabatteur rencontré la veille vient nous récupérer à notre hôtel et nous emmène à 15 minutes de marche afin de monter à bord de son bateau, notre unique moyen de locomotion de cette longue journée qui nous fera voir lever et coucher du soleil. Les embarcations naviguant sur le lac Inle ont le même aspect longitudinal, avec les sièges positionnés en file indienne.

Afin de rejoindre le lac Inle, nous sortons de la ville par un canal, à une allure qui nous fait ressentir la fraicheur matinale, qui nous quittera malheureusement dès les premières lueurs du soleil pour laisser la chaleur faire son oeuvre. Sur le chemin du lac la vie s’anime sur les berges. Le lac répond aux besoins primaires des habitants : se laver, se brosser les dents, faire sa lessive…

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Lever du soleil sur le lac Inle

Lorsque nous arrivons sur l’embouchure du lac, le ciel s’éclaircit puis se colore d’une teinte rosée qui se reflète sur les eaux calmes et les pêcheurs matinaux. Leur façon bien particulière de manœuvrer le bateau avec leur pied est typique de cette région et nous plonge dans l’atmosphère poétique de ce lac si particulier, reposant, loin de la pollution sonore des villes birmanes. La contemplation du paysage est comme un tableau qui s’anime devant nous, avec les gestes lents, précis et élégants des pêcheurs positionnés à l’extrémité de leur bateau, à quelques centimètres à peine de l’eau.

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La quiétude des villages flottants

La singularité du lac Inle tient dans ses villages flottants où la pirogue est le seul moyen d’aller d’une maison à une autre. Des maisons élevées sur pilotis, entourées de jardins également flottants dont la culture hydroponique se passe volontiers d’arrosage. L’image est surréaliste et d’une beauté unique. L’agitation citadine habituelle semble être si lointaine. Seuls les moteurs des bateaux viennent perturber la quiétude du lieu.

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Le marché des 5 jours

Tous les jours se déroule un marché dont le lieu alterne entre différents villages. C’est le marché des 5 jours. Plus qu’une coquetterie, le marché est avant tout une nécessité pour les locaux. Celui que nous fréquentons dégage une forte agitation et semble être un événement majeur car c’est l’unique moyen de pouvoir trouver de quoi se nourrir et se vêtir dans une région où les magasins ne sont pas légions.

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Le village d’Ithein et ses milliers de stupas

Nous reprenons notre embarcation et nous nous engouffrons dans un canal à destination du village de Inthein à 30 minutes de navigation. Sur la route, la vie suit son cours sur les berges avec des locaux nous saluant très régulièrement en nous esquissant des sourires timides, et des enfants plus agités nous offrant des sourires plus enjoués.

Le village de Inthein est en effervescence les jours de marché, beaucoup plus calme ce matin, et mérite un détour pour les très nombreuses stupas. Une stupa est une structure religieuse bouddhiste dont l’architecture diverge selon les pays. En Birmanie, elle se rapproche de la forme d’une cloche. Les plus délabrées ont vu la nature reprendre ses droits et les couvrir de végétation leur conférant un charme sauvage digne des films d’aventures. La pagode Shew Inn Thein se situe au sommet d’un grand escalier bordé d’échoppes et nous dévoile un grand nombre de stupas dorées, positionnées côte à côte.

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Les artisans du lac Inle

Peu enclin à nous livrer des explications sur les différents lieux visités depuis ce matin, notre batelier est beaucoup moins loquace que la veille, lors de son rabattage, mais nous passons un très agréable moment à voguer sur ce lac et ses nombreux canaux.

C’est au village d’Ywanna que nous nous arrêtons afin de prendre notre déjeuner, au son d’une lointaine prière interminable raisonnant dans des hauts-parleurs et à la vue sur une pagode et les allers-retours incessants des moines.

L’après-midi est ponctué de nombreux arrêts, notamment chez des artisans qui fabriquent des produits locaux. Après les fabricants de bijoux en argent et ceux d’ombrelles visités ce matin, ce sont les artisans du textile qui nous dévoilent leur manière de travailler, notamment avec la fleur de lotus, de laquelle ils extraient le fil.

S’ensuit un fabriquant de cigares locaux, qui parfume ses cylindres naturels d’anis ou de tamarin. Même la colle permettant de les consolider est naturel : de l’alcool de riz.

La visite de ces artisans n’a pas un but uniquement mercantile, d’autant que nous ne sommes pas poussés à l’achat. Les visites sont généralement guidées et les explications les rendent très intéressantes. Nous comprenons qu’il s’agit d’une partie de l’économie local car ces artisans travaillent avant tout pour les habitants et non pour les touristes.

Sur le retour, nous faisons une dernière halte, au monastère des chats, où autrefois les petits félins domestiques montraient leur agilité à travers un numéro digne d’un cirque au cours duquel les moines les faisaient sauter à travers des petits cerceaux. Ce temps est révolu et les touristes viennent ici pour admirer le magnifique environnement du monastère et jouer avec les quelques chats ayant oublié leur passé d’acrobates.

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Le balai poétique des pêcheurs

L’heure du coucher approchant, nous remontons le lac en direction de notre village mais nous nous arrêtons peu avant l’entrée du canal, pour admirer les derniers rayons du soleil et les lueurs orangées magnifiques qui subliment l’activité des pêcheurs du soir.

Durant une trentaine de minutes notre bateau coupe son moteur et nous assistons à la technique de pêche endémique du lac, avec deux autres embarcations touristiques à nos côtés. Je crains qu’un afflux massif de voyageurs ces prochaines années vienne dénaturer le lieu si les bateaux touristiques se font plus nombreux, chose certainement inévitable étant donné la beauté de ce lac Inle. Avec le reflet du soleil dans les ondulations du lac et les silhouettes à contre-jour des pêcheurs nous sommes comme projettés à l’intérieur d’une toile d’un grand maître impressionniste.

Cette longue ballade de 12 heures nous aura transposer dans une ambiance intemporelle, presque irréelle, où l’eau est l’élément moteur sur lequel les habitants ont appris à vivre à son rythme. Inoubliable.

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