J 24 – Las Salinas malgré la grève nationale

Debouts à 6h afin de profiter au maximum de cette journée. Le bus à destination de Urubamba, où se fera la correspondance pour Ollantaytambo, part à 7h. Ana et Cesar sont du voyage. On nous confirme ce que nous avons appris la veille, à savoir qu’une grève nationale touche gravement tout le pays. Les revendications des grévistes semblent porter sur les allocations familiales et la dégradation du niveau de vie des classes les moins aisées, plus généralement.

Sur la route, le bus à du mal à se frayer un chemin entre les multiples barrages de pierres, méthode habituelle des grévistes afin d’amplifier le blocage du pays.

2h de route pour atteindre le village d’Urubamba, niché dans une vallée et par où passe le fleuve qui porte le même nom que la ville. Sur place on comprend que la grève est plus importante qu’on ne le pensait et qu’aucun bus ni taxi ne va à Ollantaytambo. On dit même qu’il nous sera difficile de rentrer en fin de journée à Cuzco, le blocage tendant à s’amplifier, notamment le lendemain.

Après quelques hésitations, on se décide à faire Las Salinas, les salines de Maras, qui se trouvent à environ 1h de marche de la ville d’Urumbaba. N’ayant pas de taxi, on y va en marchant et l’on rencontre des grévistes sur le chemin, des paysans du coin qui nous expliquent la dégradation de leur niveau de vie, l’augmentation du coût de la vie, les mauvaises actions du président, et l’indifférence de Lima quant à leur situation. La région de Cusco, la plus touristique du pays avec le Machu Picchu et des dizaines d’autres sites incas de moindre importance, ne touche que peu d’argent de cette manne touristique. C’est Lima et des entreprises chiliennes qui en bénéficient. Les Péruviens détestent les Chiliens, qui s’approprient peu à peu, via des privatisations décidées par Lima, des points stratégiques importants comme l’unique compagnie ferroviaire qui achemine les touristes au Machu, à des prix consternants, en constante augmentation. La discussion avec les paysans est enrichissante et émouvante. Leur détresse est poignante. On continue notre chemin et croisons des barrages de plus en plus importants. Pierres, arbres, cactus, verres cassés, grilles… tout est bon pour bloquer le moindre véhicule.

C’est sous le soleil tapant que nous arrivons aux pieds des montagnes de salines. 20 minutes de montée à travers une magnifique pampa verdoyante puis au détour d’un virage, on aperçoit les premières salines. De loin, les montagnes semblent pleurer du sel, la vision est saisissante. Encore 10 minutes et nous arrivons enfin à destination. Le paysage est sublime : plus de 4 00 bassins de sel, disposés en terrasses, dont les plus anciens étaient exploités avant l’arrivée des Incas. On y voit des bassins de couleurs blanche, crème, beige… De multiples nuances qui embellissent le lieu. Paysage incroyable que de voir sur une montagne ces milliers de bassins de sel, sortant de nul part. Des travailleurs aux pieds et mains blanchis y extractent quotidiennement le sel.

Ne voulant pas refaire le chemin inverse pour rejoindre Urubamba, on est gracieusement invité par un chauffeur d’une navette touristique, qui dépose les touristes en haut des salines, afin de rejoindre le village. Une fois de plus, les paysages nous ravissent. Entre montagnes enneigées, pampa et plaines orangées, nos yeux se régalent. Une fois au village, pas de bus. On nous dit d’attendre 16-17h, heure à laquelle la grève se termine pour aujourd’hui. Pour passer le temps, on part dans le centre ville dépeuplé afin de se caler l’estomac.

16h, les bus ne partiront pas, le taxi est la seule solution pour rentrer sur Cuzco. On paye le prix fort, 10 soles chacun. Trois hommes grimpent en plus dans le coffre du break pour un total de huit personnes dans la voiture !

Sur la route, le taxi n’est pas rassuré. Des manifestants sont susceptibles de caillasser le véhicule. Heureusement, seuls les barrages de pierres à contourner viendront perturber la course.

La grève nationale va durer un jour de plus seulement, ce qui nous permet de réserver finalement notre billet retour en train du Machu pour dans 5 jours, l’aller se faisant en bus.

La longue marche du jour nous fera nous effondrer au lit de bonne heure.


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