J8 – Samosir, une île paisible

Le lac Toba fait partie des lieux incontournables à Sumatra. Autrefois au cœur d’une activité touristique florissante, l’île a été peu à peu désertée, comme une majorité de l’Indonésie, exceptée l’île de Bali. En cause, la révolte populaire de 1998 et les heurts qui ont suivis. Les conséquences du 11 septembre 2001 et la propagande des médias de masse en faveur du dénigrement de l’Islam qui n’a cessé depuis ont également leur part de responsabilité dans la fuite de ce pays par les touristes du monde entier.

Avec 260 millions d’habitants, c’est le premier pays musulman au monde. Le christianisme, le bouddhisme et l’hindouisme sont également pratiqués, dans ce pays riche en ethnies et cultures. Ces quinze dernières années ont habitué les locaux à ne voir que peu de touristes, ce qui explique leur regard parfois curieux à notre égard. Peut-être que c’est la basse saison actuelle qui nous rend si “attractif”.

Un lac immense

Le lac Toba est le plus grand d’Asie du Sud-Est. Le ferry dépose, telle une navette, les passagers à divers hôtels de l’île de Samosir (qui est en fait une presqu’île). Après une balade de 30 minutes, nous sommes déposés au Mas Cottage, l’hôtel que nous avons sélectionné parmi de nombreuses infrastructures, qui se situe dans le village de Tuk Tuk. Le lieu est idéal pour une retraite paisible.

L’héritage des Bataks

De nombreux bungalows ont été construits en reprenant le style architectural des Bataks, une ethnie descendant des tribus du Nord de la Thaïlande et de la Birmanie parmi les plus belliqueuses, qui pratiquait le cannibalisme rituel jusqu’en 1816. Convertis au christianisme mais conservant des croyances animistes – croyance dans l’âme des éléments de la nature – ils occupent en majorité l’île de Samosir, qu’ils égayent de leur musique qui résonne régulièrement sur les terrasses des maisons, la guitare et le chant faisant partie intégrante de leur culture. En bref, un lieu paisible s’offre à nous et nous permet de nous remettre de la longue journée de transport de la veille.

Jimmy et Bandang, une riche rencontre

En fin d’après-midi nous remontons la route principale qui fait le tour de l’île en direction du village de Tuk Tuk. Sur le chemin un homme nous hèle et nous invite à le suivre. Au cours d’un voyage, comme au cours de la vie plus généralement, il faut parfois laisser place à l’imprévu et aux rencontres fortuites. Nous laissons nos doutes et nos appréhensions face à cet homme avenant qui semble vouloir nous vendre quelque chose.

Il nous accueille dans ce qui était autrefois un restaurant et nous présente des épices locales, posées sur une table : gingembre, poivre noir, cannelle… et nous propose de gouter à un thé fait maison avec tous ces ingrédients. A la question du prix du thé, Jimmy, notre hôte, nous explique le concept de ce lieu, à savoir qu’il s’agit d’un centre communautaire tout juste mis en place depuis trois mois, ouvert à tous les voyageurs et aux locaux, qui a pour but de mettre en avant l’agriculture locale, et qu’il nous suffit de déposer la somme souhaitée dans une boite à donation.

Jimmy et son acolyte Bandang ont pour but d’apprendre aux locaux à cultiver eux-même les fruits et les légumes pour être autonomes et suffisants, et les habituer à des pratiques de consommation biologique. Ils mettent donc à disposition leur savoir en matière de culture biologique et espèrent être prochainement aidés par l’état dans leur démarche afin de recevoir des subventions nécessaires à la pérennisation de leur projet.

Nous sommes invités par Jimmy et Bandang à partager leur diner avec un couple de touristes allemands : un poulet grillé simplement mais au goût succulent. Jimmy nous explique que la terre volcanique de la région favorise le goût des épices et autres légumes dont il fait l’éloge. Nous restons ainsi jusqu’à 21h à discuter avec eux et à mieux comprendre leur démarche écologique qui passe par un retour aux sources et une réflexion sur les besoins vitaux de l’homme à travers une discussion philosophico-mystique où l’on conclue dans une opinion partagée qu’il est nécessaire de revenir à l’essentiel, à des valeurs humaines et non matérielles et à un rythme de vie adapté à l’homme, comme le font les Bataks de cette île, avec leur quotidien bercé par une douceur de vie.

Il est parfois nécessaire de s’interroger sur la vie et ses valeurs, et de remettre en cause celles que l’on nous inculque depuis longtemps dans les pays occidentaux que l’on nous explique être les normes, mais qui ne se trouvent être uniquement celles imposées et qui ne sont finalement pas l’apanage du bonheur.

Conseils aux voyageurs

Tarif du ferry de Parapat à Samosir : 10 000 R.

Hébergement : Mas Cottage (100 000 R / 150 000 R). Très sympa et belle vue sur le lac depuis les chambres.

Location d’un scooter pour la journée, à l’hôtel : 120 000 R.

Le Volcano, local communautaire de Jimmy et Bandang : anciennement Tip Top Restaurant. Du centre de Tuk-Tuk, longez le lac qui doit rester à votre droite pendant 10-15mn à pied. Ce local fonctionne sur donation, goûtez au thé au gingembre très relevé mais naturel et excellent. Jimmy propose également des cours de cuisine avec des produits ultra-frais, même le riz est ramassé à 50 mètres de là ! Ils n’ont pas encore internet dans leur local. Vous pouvez ramener un petit fanion de la France ou autre objet permettant de décorer leur bar.


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